SNLI

Le Syndicat national des lettres d’information

À la Libération, seule la presse clandestine née sous la Résistance put continuer à paraître. Les autres journalistes furent victimes de l’épuration. En outre, la pénurie de papier justifiait qu’on le réserve aux amis du gouvernement – qui, sous l’autorité du général de Gaulle, allait des communistes aux démocrates-chrétiens.

C’est ainsi – à droite, indéniablement – qu’est née une nouvelle presse, sous forme de lettres confidentielles. Au début des années cinquante, leurs responsables se regroupèrent et fondèrent un syndicat, curieusement intitulé « syndicat de la presse privée ». Au début de la Ve République, l’un de ses membres les plus actifs, Paul de Méritens, qui écrivait sous le pseudo de Paul Dehème, s’illustra par un scoop contestable : l’annonce avec vingt-quatre heures d’avance du putsch des généraux…

Aujourd’hui, les lettres confidentielles sont devenues d’information et elles ont évidemment rompu avec ces origines contestables. Le Bulletin quotidien, par exemple, fondé en 1972 par un ami de François Mitterrand, Georges Bérard-Quélin (dont il reprenait les initiales) est pratiquement le Journal officiel des hauts fonctionnaires , dont il annonce par avance les promotions et les mutations. Dans le domaine économique, La lettre de l’Expansion sert de mot de passe aux dirigeants d’entreprise qui, lors des déjeuners d’affaires, peuvent vérifier qu’ils sont sur la même longueur d’ondes, en ayant les mêmes informations, qu’elles soient ou non fondées.

Dans le domaine politique, de nombreuses lettres s’adressent à un public qui souhaite éliminer l’écume des choses (petites phrases et rumeurs) et se consacrer à l’essentiel. C’est le but, depuis trente ans, de la Lettre politique et parlementaire, qui accueille le Snli sur son site. En effet, au début des années quatre-vingt dix, l’ancienne presse privée a décidé de se transformer et de se moderniser :
c’est ainsi qu’est né le Syndicat national des lettres d’information, successivement présidé par Philippe Boiry, Philippe Luyt et Guy Rossi-Landi.

Ce syndicat organise des déjeuners avec des personnalités de premier plan : on trouvera ici les remerciements de quelques-uns de nos invités.

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